Hysope au top…

Lorsque je me suis fait ma petite liste d essentiel dans la perspective de tri de ma penderie post-confinement (ndrl il a duré un sacré bout au Québec), je me cherchais des hauts sans manches qui puissent rentrer dans des coupons d’un mètre de tissu (histoire de vider mon stock aussi).

J’avais jeté mon dévolu sur le top Lyra de Afternoon Patterns qui s’est révélé être un modèle retiré de la vente (la marque a cessé son activité!). Dans la même semaine, la compagnie française Deer and Doe lançait sa nouvelle collection de 3 modèles. On ne présente plus la qualité de ces patrons, ni leur précision, ni leur intemporalité (j’ai pu réaliser entre autres la veste Pavot, le t-shirt Plantain et sa version robe de grossesse, la robe Belladone, la robe Aubépine, la jupe Chardon).

Parmi eux, j’ai trouvé mon bonheur !

Modèle : Hysope de Deer and Doe est un top pouvant se porter crop (coupé au nombril) ou plus long, disponible du 34 au 60. Pour l’encolure, on dispose de deux options : V ou rond !

Attention : à noter que pour la version longue il faut ajouter les cm sur tes pièces. J’ai eu un doute à la lecture et ai cru qu’il me fallait couper si je voulais la version courte…

Taille : peu dotée côté poitrine, je suis partie sur la version 34 ! C’est une bonne idée ! Peut-être aurais-je pu creuser davantage les emmanchures comme un 36 pour un chouïa plus d’aisance à l’enfilage mais c’est vraiment minime je pense.

Tissu : lors de la fameuse vente d’atelier d’Atelier B à Montréal, j’ai dégoté une fin de rouleau de 50 cm de Lyocell gris mulot pour 2,50 $ – une aubaine pour une belle toile !

Tout comme ma jupe Claudie en moutarde, l’ensemble est parfait même dans la fournaise de Marrakech ou en transit à Bordeaux !

Réalisation / modification : aucune modification sur cette première version car c’était mon galop d’essai. Les explications sont limpides, les finitions sont nettes et soignées.

Au final, les pinces poitrines tombent un peu plus bas que la pointe du téton. Comme j’ai la bougeotte ça n’est pas flagrant et le tissu mou améliore le tout.

Du fait de ma méprise lors de la coupe, je me retrouve avec une version crop/courte. Pas vraiment ma cam, mais avec un jupe taille haute ça passe très bien !

Pour une prochaine réalisation : – ajouter 7 bons cms à la longueur du devant et du dos – faire un rentré du biais de propreté de l’encolure – remonter les pinces poitrines de 0,5 mm voire 1 cm pour être plus dans l’axe (petite poitrine vous disais-je).

Ce que j’ai aimé : les tracés des plis des bandes de boutonnage sont précises et sans prise de tête !

Ce que j’ai moins aimé : ne pas avoir compris d’emblée que la version sur la planche était la version courte ( et ne pas avoir pris la peine de questionner les autres couturières pour la version crop et longue). J’ai juste confirmé ma crainte après coup. Maligne va la Perrin !

C’est un top qui remplit tous ses engagements. Il sera sans nul doute décliné très vite dans d’autres matières, en version plus longue ! J’oserai surement couper dans mon coupon précieux d’Atelier Brunette pris chez Rives Compagnie. Andiamo !

Un Marin pour la grande bleue

C’était mon espoir 2020, mais bon comment dire les deux dernières années consacrées à prendre garde de nos fesses (certes pour un maillot de bain ça marche) et de notre harmonie familiale dans tout ce marasme ambiant m’ont fait repousser l’objectif du maillot de bain !

Le modèle était repéré, le matériel aussi, la période de vacances (après 2 ans de diète de baignade) pendant lequel il serait utile aussi : ne manquait que le créneau fabrication !

Modèle : le maillot de bain Marin de Petit Patron est un modèle 1-piece, peu échancré sur l’aine et le fessier, avec un dos arrondi et des bretelles à nouer (que tu dois pouvoir coudre aussi mais ce détail reste flou) disponible du 34 au 56 !

J’ai acheté le kit double avec le maillot de bain 2 pièces Albin ! Mais il attendra que je digère les tajines estivaux, ou que mes enfants grandissent un peu (ou les deux)

Matériel : Comme je suis une spécialiste de la couture sous pression, j’ai profité du départ des enfants pour la France à la (re)découverte de leurs Grands-parents pour faire mes achats de matériel lors d’une virée de ramassage de robinetterie de douche (si tu me suis sur Instagram tu as du suivre le suspense de la création d une salle de bain par deux débutants (nous) tout en travaillant en 20 jours – suspense garanti !) et le coudre le matin du départ pour aller les chercher ! En 3h c’était fait ! (Heureusement qu’il n y pas de boutonnieres)

J’ai opté pour un lycra maillot de bain uni tout ce qu il y a de plus basique pour un premier essai , chez Club Tissus, avec une doublure maillot de bain couleur chair. (Uniquement pour l’entrejambe et les bonnets)

A cela il faut ajouter quelques mètres de laminette. La largeur indiquée de 8mm est introuvable d’après la vendeuse à qui j’ai posé la question dans mon coin de pays. Apparemment experte du dit costume de bain en général elle m’a conseillé de l laminette caoutchouc blanc de 1cm. Misère que j’ai déchanté !

J’ai aussi mis du fil mousse dans les deux boucleurs de ma surjeteuse (fil 3 et 4) et réglé pour que cela soit bien équilibré : or quand j’ai étiré mon tissu à l essayage, j’ai par endroit perdu mes fils polyester des aiguilles ! Manque d élasticité flagrant ! J’ai mis ça sur le compte de mon réglage, si des experts dans la salle faites vous connaître.

Réalisation / modification : en prenant mes mesures, mon bonnet micro mother-of-two, m’a joué des tours… ou plutôt mes hanches mother-of-two… enfin le ratio entre les deux dirons-nous ! Il y a pourtant une feuille explicative pour justement ajuster aux courbes (qui sont bien normales et bien comprises par la marque).

J’avais déterminé un 36 en bas et donc un 34 en haut. Avec des réglages un peu hasardeux de zig zag et de surjeteuse, et des difficultés sans nom pour fixer la laminette, je manque sérieusement d élasticité au niveau de la courbe du dos (haut) : ainsi le passage des hanches de cette partie du haut se fait très difficilement !

Une fois escalopée dedans tout va bien et le bonnet est effectivement le bon : je n’aurais juste pas dû faire une largeur 34 sur la partie haut dos.

La laminette de caoutchouc blanc large de 1 cm a tendance à se voir même rabattue. Bien que visible sur l’envers, ce n’est pas idéal.

Mes modifications à venir pour un prochain maillot : – aiguille micro textile DÈS le début (merci Taloline!) – laminette 8 min si possible – faire l’impasse de la surjeteuse (vu que toutes les coutures sont rabattues au point zig zag les coutures sont secures) – taille 36 partout sauf courbe du bonnet en 34.

Ce que j’aime : la forme du bas. Un peu rétro, idéal pour ne pas montrer une zone parfois mise à rude épreuve de l’épilation, qui englobe bien le fessier. Pour le buste, les bretelles à nouer fermement tiennent le matériel bien en place (faut dire aussi que personne n’est prompt à s’échapper)

Il était aussi assez rapide à coudre ! Plus vite que je ne l’aurais pensé !

Ce que j’ai moins aimé : j’ai cru déceler quelques coquilles dans le patron sur les schémas endroit et envers : en faisant confiance à notre sens logique ça se passe bien !

Le seul questionnement a été pour les bretelles ! En effet on trouve uniquement des vues de face. Je n’ai pas réussi à savoir si l’option cousue dans le dos est possible. J’étais pressée aussi. Peut-être l’ai-je manquée, le texte semblait le suggérer mais sans plus de détails. Les photos de instagram m’ont fait choisir la certitude du noeud.

C’est au final, une toile pleine de défaut mais qui aura été largement utilisée, dans les rouleaux déchaînés de la marée haute en Charente-maritime, la piscine du Gers avec les ex-montréalais, et le bassin salvateur d’un Road marocain.

Damask, océan de dentelle et godron

C’est le projet qui m’aura pris le plus de temps E-V-E-R. Il m’aura aussi un peu fait passer l’envie de tricoter (faut le faire). Mais pourtant c’est un projet dont je suis contente, il aura juste été long à produire….pour quelqu’un d’autre. En effet, après avoir rempli mon tiroir pour l’hiver (et les 10 suivants), ceux de mes enfants, et juste ce qu’il faut pour le Duc, j’ai répondu à l’enthousiasme d’une copine ! Attention, j’ai opté pour du lavage en machine hein, pas envie de la voir ruiner ces efforts dans un moment d’égarement ménager ! Le modèle, la couleur, le fil, c’était de son bord, moi je m’occupais du reste… et cela a mis 3 mois !

Modèle : Damask de Marie-Amélie Designs, un modèle de pull printanier (ou estival tout dépend où tu te situes sur la planète) à la coupe large, des manches courtes arrivant 3/4 et une dentelle donnant un motif transparent alternant avec des bandes de mousse (rappelant le principe du point de godron). Le modèle est désormais rendu gratuit par sa conceptrice.

Taille : disponible de la taille 90 à 160 (correspondant à la circonférence du buste une fois le pull terminé, avec l’aisance requise). Pour mon amie M., nous avons opté pour la taille 110 en admettant une aisance plus proche de 10 cm que des 20. Sur les photos, il est ainsi une taille au-dessus de la mienne. Mais tout en bas il est sur sa propriétaire !!

Aussi, prévoyant que le fil très fin allait faire gagner en longueur le chandail (même en le bloquant à plat sans tirer), j’ai strictement respecté les consignes de mesure à laquelle il fallait s’arrêter. Pour obtenir le bon échantillon, j’ai dû réduire ma taille d’aiguille à 3.25 mm et 2,75 mm pour les côtes #malheur.

Fil : c’est une super découverte à la Lainerie Lépine à Montréal : la Basics Fingering de Leo et Roxy Yarn Co. en coloris Cajun Spice. Il s’agit d’un fingering dit light (donc plus fin qu’un fingering, mais pas autant qu’un fil Lace. Totalement douce (Mérino et un peu de nylon), c’est aussi un écheveau de 425m pour 100g pour 20$ ! Une aubaine pour ce chandail gourmand en fil et aux dimensions généreuse. Il m’aura fallu un peu moins de 3 écheveaux, soit exactement : 275g soit 1165m (Le patron pour cette taille préconise 1270m on est donc très proche et juste).

Réalisation / modifications : J’ai suivi scrupuleusement les instructions et j’ai bien fait : les mesures sont parfaites. À part bien sûr quelques mailles glissées sorties de mon esprit à quelques occasions en début de rang, rien de bien différent. J’ai fait les réductions des manches avant le poignet en réduisant mon aiguille directement avant les côtes, pour un petit effet ballon renforcé.

Ce que j’ai aimé : la magie du blocage a fonctionné ! Lorsque je déployais devant moi le chandail, on me demandait souvent si c’était pour un enfant, ou alors un pull crop (quelle idée). J’avais terminé la bande de côtes du bas en me disant qu’elle sauterait sûrement pour rallonger l’ouvrage. Il n’en fut rien, tout est tombé parfaitement ! Le fil est un plaisir à tricoter, il est léger, régulier, doux. Les explications sont limpides.

Ce que je n’ai pas aimé : tricoter un fil si fin pour un pull si large, alors qu’il y avait dans ma vie beaucoup trop de choses à faire. Deux petits enfants, un boulot, une maison, ça c’est la base. Un horaire atypique, des travaux de maçonnerie au milieu de la salle à manger, la Covid en alerte à l’école, au bureau, imaginer un plan de sdb : autant de “cerises sur le sundae” pour flinguer ma motivation et me faire pencher du côté couture en après-midi, alors que Morphée m’accueillait toujours un peu plus tôt. Le motif est aussi pas mal répétitif, mais c’est aussi ce qui fait la beauté du chandail.

Le sourire de la copine à l’essayage valait bien tout le sprint final que je me suis imposé pour en finir! J’ai rangé mes aiguilles quelques semaines et me voici de nouveau dans l’envie en reprenant un projet layette pour remonter en selle !

Fait cocasse : Damask renvoie à un tissu réversible en couture. Quand on sait que ma perte de Mojo tricot s’est dirigée directement vers mon atelier de couture, on frise le complot.

Cosy Posy Tank Top, en attendant l’été…

Tricoter des pièces de son dressing en fin d’été/début d’automne québécois, c’est faire preuve d’audace et surtout de projection, avec un degré non négligeable de patience. Fini fin août, ce petit top en lin a donc passé quelques mois sur un valet de chambre ancien, comme une promesse que les beaux jours reviendraient (enfin). Quand on frôle les -35 au coeur du mois de décembre, je vous assure que cela frôle aussi l’utopie… On a tenu bon et nous voilà sorti d’affaire, effeuillant nos pelures d’oignons chaque semaine, jusqu’au saint-Graal du pique-nique dans le parc et les déambulations les épaules nues.

Modèle : Posy Tank top d’Along avec Anna, un modèle de débardeur (ou camisole comme l’on (ose) dit(re) par chez moi Mais où sont les manches dans le dos !) qui est proposée avec une variation pour les bretelles : continues comme les miennes, ou nouées.

Fil : Qui dit été (oui parce que le printemps ici c’est ça l’utopie!), dit léger : j’ai utilisé dans mon stock un fil tweedé un peu drôle de Bergère de France, du nom de Bigarelle : un mélange coton, lin et bambou. Mon coloris est le 29730 Vert mais il doit être discontinué. J’ai tricoté le tout en aiguille 3.5mm et 500m de fil !

Taille : le modèle est disponible de la taille 83 à 167 cm (tour de poitrine). J’ai joué l’ambitieuse et ai fait la deuxième taille 92 (peur d’avoir chaud). Bien mal m’en a pris, si je ramasse un truc au sol, tout le monde verra mon intimité. Clairement, j’aurai dû miser sur la plus petite #limandequejesuis ! (pour le top Iris, je ne me ferais pas avoir)

Réalisation / modifications : J’ai trainé ce projet tout le long de notre roadtrip camping en Gaspésie, il est clairement réalisable avec peu de concentration après la petite frise de dentelle. Il se tricote du bas vers le haut. Avec la lampe frontale autour du trou de feu, le décor est planté. Pour les photos porté, je préserve notre temps et les nerfs de notre couple, vous n’aurez que celles-ci pour cette fois !

Ce que j’ai aimé : la zone de dentelle a cela de sophistiqué pour vous tenir bien éveillée, et d’assez simple pour bien se retenir sans jeter un coup d’oeil chaque 3 mailles. La double-option des bretelles est aussi appréciable, même si avec un Duc des enfants farceurs, les bretelles continues étaient à privilégier dans mon cas.

Ce que j’ai moins aimé : mon choix de taille. J’ai pensé que choisir la taille proche de ma mesure rendrait le vêtement trop collant. J’aurai dû réfléchir que justement en haut du top, largement décolleté, j’aurai dû miser sur du près-du-corps. Je suis à deux doigts de le démonter et refaire en taille 83. Au moindre regard lubrique d’un passant, je risque de succomber.

Update : 20 min après cette dernière ligne : pour éviter trop de vues sur l’absence de mon décolleté, j’ai uniquement raccourci les bretelles à 13 cm chacune, un an après l’avoir attendu que ma poitrine ressuscite. Comme ce n’est pas flagrant, j’ai opté pour l’option diminution du vêtement.

Il part ainsi rejoindre mon dressing (contre une pièce du commerce dans le sac à donner), cohabiter avec les Tulip tank top et Top Risor.

Une astuce qui peut agacer ou faciliter la vie : marquer le dos de son tricot pour éviter de se poser la question à chaque essayage. Ici les deux triangles du dos sont légèrement plus fins que ceux de la poitrine. Mais à l’oeil nu, pas si facile à détecter !

Le sac bowling, outil parfait des pyjamas party

C’est toujours un petit défi de rester original pour les cadeaux d’anniversaire des enfants. Originalité et durabilité aussi !

Pour l’amie d’E., qui habite à 200m de la maison, je voulais un cadeau qu’elle puisse utiliser souvent et qui la rendra totalement unique ! C’est important à cet âge : 7 ans ! (Tout comme c’est important d’avoir la même trousse à crayons que les copines : les enfants sont bourrés de paradoxe et de contradictions)

Modèle : le sac Bowling de Papa pique et maman coud (ppmc) avec le tuto de petits mots bleus. Merci Google et Pinterest, c est la taille parfaite pour un enfant ! C’est totalement accessible aux débutants en couture !

Tissus : tout vient du stock (promis) sauf la sangle ! Un coton à pois sans aucune élasticité et une popeline ananas tout aussi rigide. Les deux ensemble donnent un poids similaire au coton enduit requis au départ.

Un zip séparable coupé, du biais de récup, un double passepoil oublié et une sangle en coton (pour pas blesser l’épaule quand le sac est lourd) complètent le tout.

Réalisation / modifications : je voulais un effet plus rigide que ce que m’aurait permis le tissu extérieur. J’ai donc doublé un tissu popeline (limite wax) l intérieur sans me soucier avec le principe d’une doublure : les biais de finition allaient couvrir les coutures des épaisseurs.

Pour rajouter de la couleur, j’ai choisi d agrémenter avec du double biais sur les extrémités (il dormait dans mon stock depuis 10 ans, quelle honte)

Ce que j’ai aimé : le format qui est parfait pour une soirée pyjama aka le fameux sleepover chez les copines.

Le patron est également tout simple et bien détaillé avec des finitions qui donne un rendu très complet.

Ce que j’ai moins aimé : la mesure du cercle des extrémités du sac est un peu petite au moment de l’ajuster sur la pièce principale. Les marges de coutures n’étant pas spécifiées non plus.

Rien de dramatique tout de même, cela reste un sac et non un vêtement. J’ai fait une petite pince dessous de chaque côté. La prochaine fois, j’augmenterai légèrement le diamètre du cercle.

Une soirée pour le coudre, il est prêt à être offert cet après-midi. Le Duc Jaloux m’a demandé une version pour lui ! Une idée de cadeau fête des pères tiens !

Claudie Crazy Circle

C’est en cherchant un modèle approchant une jupe du commerce repérée par une amie (et pour en faire une copie abordable) que j’ai trouvé ce modèle. Les pré-requis : de la longueur, des plis pour pouvoir faire des grands pas, des poches (option appréciée), et une ceinture bandeau non élastiquée.

Bingo ! Je le prends et me dis que je peux tenter une toile pour moi (autant choisir un tissu qui me plaise) en attendant de lui faire la surprise. Bingo numéro 2, un projet sur 9 mois s’est logée dans sa bedaine, pour la jupe on attendra et je profite de mon unicité !

Prendre les photos aura toujours été si compliqué, en deux fois, sur deux ans, avec le Duc et sans… L’important est d’un garder une trace pour les prochaines versions, pas tant le rendu en image finalement.

Modèle : Jupe Claudie de Fibre Mood : un modèle décliné du 32 au 58 de jupe cercle, avec une ceinture taille haute, un zip invisible au dos et deux poches cachées.

J’ai découvert les patrons de couture de cette marque avec le petit manteau Miles. Une fois de plus, je ne suis pas déçue. Ici peu de place au doute pour le montage, c’est quand même assez facile pour un(e) débutant(e) !

Tissu : un twill de lyocell trouvé chez Club Tissus (rive-sud). Attention, prévoir un bon métrage, une jupe cercle ça chiffre ! Pour la couleur, j’ai hésité (sérieux !?) pour le côté salissant. Mustard Addict, je n’ai pas su résister, même si l’imprimé fouillis aurait été plus passe-partout pour les tâches de gras. [si tu as de bons yeux tu sauras détecter quelques tâches de gras]

Réalisation / modifications : J’aurais pu me poser la question de la longueur mais pour un premier jet j’ai suivi le modèle. L’effet cercle peut avoir une tendance à se relever (et faire découvrir votre anatomie aux badauds) alors mieux vaut préférer la longueur. Oserais-je plus long, au risque de me prendre les pieds dans le tapis les plis ? Ou plus court juste sous le genoux, avec des compensés pour un look de fête ? Pas l’ombre d’une célébration depuis 6 ans, je pense que le casual actuel restera la meilleure option.

Je n’ai pas utilisé de thermocollant mais cela aurait pu raidir/tenir un peu plus la bande de taille.

Ce que j’ai aimé : ce projet m’a réconcilié avec les boutonnières : ma bête noire en couture. J’ai sauté sur l’opportunité d’une copine qui vendait sa machine électronique pour repartir au pays du 220 volts. Je peux donc désormais compter sur la précision et la simplicité du processus. Sur mon ancienne mécanique, c’était une source d’angoisse, voire de larmes de rage, qui finissait toujours par le jet d’un outil à ma portée et le Duc qui s’en chargeait. C’est donc une pleine satisfaction (ok y’en avait qu’une mais je suis une fille qui se contente de peu)

Ce que j’ai moins aimé : il aurait fallu un petit passage dans les étapes écrites pour spécifier de faire la boutonnière assez étroite et/ou d’ajuster la position du bouton dans un second temps selon cette boutonnière, afin d’éviter d’avoir un petit écart au milieu dos. Pour une prochaine, je serais plus ambitieuse en la déplaçant un peu. Pour cette version, je peux décaler la couture de mon bouton.

Le repassage requis, ça compte aussi dans les points noirs d’un projet ? Et la propension de sa propriétaire à baver faire des tâches ?

J’ai hâte de pouvoir essayer ce patron simplissime avec d’autres textures de tissus, voir plus vaporeux/fins et doubler les épaisseurs, en prenant garde toutefois à l’épaisseur qui pourrait accentuer les hanches (ce qu’on ne veut pas forcément si on ne s’appelle pas Kim K.)

Douro

Modèle : Douro de Sarah Bleau est un modèle de chaussettes tricotée avec un fil DK. Habituellement, les chaussettes sont plus tricotées avec un fil fin type fingering. On a donc ici un modèle plus épais, plus chaud, parfois utilisées comme chaussettes “d’intérieur”. Pour ma part, ça se prête très bien aux deux, faciles à glisser dans une paire de bottes de neige ou de pluie. Particularité notable : elles se tricotent de la jambe vers la pointe.

Fil : Si tu es fin observateur, tu noteras que quand j’ai divisé ma pelote restante de Leizu DK de Julie Asselin, coloris Birch, à l’aide de ma balance de cuisine, j’ai malgré tout eu un petit différentiel (et ai complété avec un reste de Woobu de Blue Moon Fiber Arts! C’est le jeu avec les chaussettes qui se tricote dans ce sens. Néanmoins, il vous faudra 76 grammes de fil DK, soit environ 158m. Attention, si tu réalises à la lettre le modèle, il t’en faudra facilement 10 grammes de plus.

Taille : j’ai réalisé la taille 2 soit pour un pied 7/8 US soit 37/38 en Europe. J’ai le pied fin, par conséquent ce n’est pas du tout étroit. Si vous aimez être plus serrée, la première taille peut convenir mêmes vous chaussez du 7/37, du moment que vous adaptez bien la longueur du pied au vôtre.

Réalisation / modifications : lors d’un test, on déchiffre parfois. On va aussi parfois un peu vite. Ici j’ai allié ma précipitation (excitation?) et une incompréhension du patron qui a été de ce fait clarifié : c’est à ça que sert un test. On se plante, on explique pourquoi on s’est planté, on clarifie. Ici j’ai donc réalisé des socquettes au lieu de chaussettes : en effet je n’ai réalisé qu’une seule fois le motif de la jambe au lieu de plusieurs fois de suite ! J’ai donc une socquette qui couvre uniquement la cheville. Pour son usage maison/yoga, ça me va tout à fait et je n’ai ainsi aucun problème de chaussette qui glisse en bas (on est déjà en bas ! tu suis ?)

Ce que j’ai aimé : Le motif discret (bah tiens quand tu en oublies un bout), mais aussi la formation du talon qui offre une tenue à l’arrière, associé à un arrondi sous le pied. J’aime aussi le fait qu’elles soient un peu plus épaisse qu’habituellement (ça reste léger, ça ne donne pas non plus un effet chaussettes de ski).

Ce que j’ai moins aimé : le montage qui consiste à partir de la cheville vers le bout de pied me donne toujours quelques inquiétudes. Si tu es observateur, tu verras que je me suis faite avoir et qu’il m’aura manqué quelques mètres pour finir ma chaussette ! J’ai hésité à démonter la première, raccourcir un peu le pied dans lequel je suis très à l’aise…puis la flemme l’a emporté.

C’est un chouette patron, facile et rapide pour finir un écheveau de laine entamé à peine. À offrir ou pour subvenir à votre propre hiver par moins 20 et plus, comme le nôtre (il est pas mal costaud cette année).

Une Moutain de restants…

Dans l’environnement d’une tricoteuse ou d’un tricoteur, tu vois généralement assez rapidement qui est sensible au fait-main et qui est un peu tatillon sur la sensation du poil laineux sur son épiderme.

Comme mon environnement depuis deux ans, c’est pas mal ma famille à la maison, on peut se concentrer sur ces spécimens. Après le pull Clovelly pour l’homme de la maison, le Magnolia Bloom pour l’aînée, je me suis concentrée sur le petit dernier. Et ce n’est pas une mince affaire, il ferait faire des angoisses à la plus douce des laines. “ça gratte”, “ca pique”: sont ses deux refrains dès que je lui présente un pull, des mitaines ou autre cache-cou.

Alors les amis sont contents mais le but est quand même de lui faire porter autre chose que des vêtements à base de pétrole. J’ai dégainé mon plus beau sourire, ma petite voix mielleuse de vendeuse de télé-achat et lui ai proposé un bonnet pour faire un roulement avec la seule tuque qu’il daigne porter (soit-dit en passant la mienne), le Northport.

Modèle : Mountain Mist Hat issu du livre Strange Brew du duo de choc Tin Can Knits (l’ouvrage est hyper complet avec 14 patrons mais surtout beaucoup de techniques de jacquard pour composer soit-même son motif: cela reste pour le moment trop de concentrations que je n’ai pas mais j’ambitionne de m’y mettre !)

Fil : C’est un projet idéal pour utiliser vos restes de couleur qui trainent au fond d’un panier de laine. Pour mon choix de couleur, je n’ai pas voulu dépoussiérer des restants, j’ai utilisé ceux de mes derniers projets : GRIS : en Heavy Merino de Knitting for Olive (coloris Stone Grey) avec avec 43m/46yds/17gr du pull Avena, JAUNE en Mérinito de La Bobineuse (coloris Orge) avec 10m/11yds/15gr d’un Snow DropHeadband mais aussi le pull Lightwood, BLANC en Heavy Merino de Knitting for Olive avec 15m/17yds/6gr, et BLEU-VERT en Népal de Garnstudio Drops (coloris 7139 Blue Gray) avec 26m/28yds/17gr d’une autre version de Feather and Fern et des mitaines Selbu d’une amie.

À noter que j’ai utilisé bien moins de fil que préconisé dans le patron, alors si vos quantités vous semblent justes, ne renoncez-pas !

Taille : J’ai combiné trois facteurs : j’ai réalisé la taille enfant/child tout en l’adaptant à la profondeur de la tête du mien et à notre climat où tu souhaites par-dessus tout éviter des engelures d’oreilles. Avec un coefficient multiplicateur pour qu’il lui aille encore l’an prochain.

La version numéro 1, trop courte !

Réalisation / modifications : La principale modification est d’avoir apporté 4 bons cms de profondeur supplémentaire la première partie du bonnet : après les côtes, toujours en gris j’ai continué une dizaine de rang de plus avant de faire l’alternance avec la deuxième couleur jaune. J’avais fait une version telle que décrite dans le patron mais les côtes arrivaient à mi-oreille. So dangerous par -30, j’ai pris le parti de détricoté mes trois petites couleurs pour prolonger le gris.

Ce que j’ai aimé : vider les stocks de mini-pelotons de laine et pouvoir agencer des couleurs qui me correspondent. J’ai aussi apprécié la facilité du jacquard qui permet un maximum de faire suivre le fil.

Ce que j’ai moins aimé : le métrage indiqué un peu trop gourmand m’a fait faire bien des calculs avant de démarrer qui se sont avérés une perte de temps.

Conclusion : C’est un modèle très mixte et versatile, qui utilise les restes, qui est chaud (fil dk/worsted), et qui trouvera sans nul doute des doublons pour les autres membres de cette famille laineuse, voire les ami(e)s quand une mutinerie familiale naîtra dans mon foyer.

La grande question demeure (avec son suspense) : le petit Poucet de l’histoire a-t-il daigné porter le couvre-chef ? Et bien tout d’abord non, m’opposant son refrain habituel, puis la méthode du Demain ! Demain n’arrivant jamais, je me suis résignée à lui mettre par dessus sa capuche ! J’ai donc misé sur la force de persuasion de son institutrice (qui a dû penser qu’on était mal réveillé) pour qu’il revienne le soir dûment coiffé. Drama oublié, oreilles réchauffées !

Si vous avez aimé le motif, sachez qu’il est décliné également en version chandail, et comme toujours avec ces designers, de la taille mini mini jusqu’au plus grand adulte.

Snow Drop Headband Story

Ce bandeau, c’est une histoire de cadeau. À la fois, un cadeau de sa créatrice, et un cadeau offert à plusieurs reprises autour de moi, pour faire plaisir tout simplement à des proches que je ne peux que trop voir depuis tant de mois.

Personnellement, je me suis mise à aimer timidement les bandeaux en 2019 quand j’ai tricoté le Twist (plusieurs fois). Timidement, car il faut bien avouer qu’il me couvre la tête peu de semaines dans l’année, comparativement à une bonne tuque vissée sur le crâne (parfois même en télétravail). Quand Anna Dervout a sorti ce modèle, j’ai tout de suite vu l’opportunité de l’essayer pour mon amie Eva qui en porte bien plus aisément.

Modèle : Snow Drop Headband d’Along avec Anna. Il s’agit d’un modèle gratuit de bandeau offert par la designer Anna Dervout sur son site ou sur Ravelry. C’est une taille unique à ajuster selon son tour de tête.

Fil : c’est un fil inconnu worsted léger mais pour la petite et belle histoire, ce fil avait été teint par quelqu’un(e), puis offert à Eva (mon amie, tu suis c’est bien), pour finir tricoté en béret/bonnet/tuque. Avec le temps, Eva s’était lassée de cette tuque un peu ample et déformée. Idéale pour ma tignasse chevelure pré-partum, elle me l’avait donné…Attends, c’est long mais la chute arrive. Je me suis à mon tour lassée de l’objet, et j’ai détricoté l’ensemble… pour le remonter en bandeau pour le Noël d’Eva ! Économie circulaire presque. Le patron requiert un fil DK, mais pour plus de chaleur, vous pouvez pousser un peu votre luck sur de la worsted (75m, pas plus de 40 gr).

Réalisation / modification : Pour la première version, j’ai suivi les instructions. Fatigue pandémique parentale oblige, j’ai dû recommencer le début plusieurs fois. Il est pourtant accessible à un tricoteur de niveau intermédiaire. Une partie sur de bons rails et la technique de la maille double visionnée, j’ai enchaîné le motif 6 fois en terminant par quelques rangs sans motifs avant de fermer.

Cette première version m’a permis de réfléchir à des variations/améliorations pour une prochaine : pour les prochaines, j’ai fait un montage provisoire et réalisé un grafting à l’aiguille pour fermer : ainsi pas de démarcation de couture. Je n’ai cependant pas réussi à réaliser un grafting en côtes : cela existe-t-il seulement?

C’est devenu le cadeau par excellence. J’ai réalisé dans la foulée deux autres exemplaires pour la maîtresse d’école et pour un départ en Europe, accessoire bien utilisé pour leurs températures. Moins d’une pelote de mérinito de la Bobineuse par exemple (c’est une laine de grosseur type DK) (75m – 82yds, 37 gr), c’est quand même facile de convertir ses restes de laine!

Pour une version un poil plus chaude, j’imagine même de le réaliser en tube. Ainsi, on double l’épaisseur du bandeau et on évite d’avoir des rangs envers ! Pourquoi pas !

Flocons d’Avoine…

Ce petit sourire c’est celui de la mère qui voit son enfant à plus de 3m d’elle après un confinement préventif de 10 jours. Des bonheurs simples en somme! Les temps de plus en plus rock n’roll me font replonger dans un cercle laineux. Je transforme mes émotions en chandail (ou en projet de travaux) histoire de produire du beau de cette rate au court-bouillon…

Modèle : le chandail Avena de Jennifer Steingass est un chandail tricoté du haut vers le bas, avec par ordre d’apparition : un col roulotté, une encolure avec motif brin d’avoine/blé/fougère selon votre référence botanique personnelle, un corps droit et une fin en côtes. Le modèle est tricoté en laine worsted, ce qui donne un vêtement chaud et moelleux. Ma première expérience avec cette designer était le Fern and Feather que j’adore, alors lorsqu’elle a proposé ce modèle en test, j’ai postulé. Bingo j’étais parmi les 60 retenus (imaginez le nombre de candidatures aussi lorsque le post était aimé plus de 43 000 fois…).

Taille : comme un classique chez moi, j’ai eu peur d’être étriquée dans la plus petite taille…Or après avoir tricoté toute l’encolure en taille B, il était clair que c’était trop large. Un petit échange de courriels avec la designer (ahhh que c’est agréable d’être sur le même fuseau horaire) et il était convenu que je défaisais l’ensemble et remontais sur la taille A (à mon initiative). J’ai fini le chandail quelques jours après sa sortie mais l’important de la lecture des étapes, et l’estimation du métrage avaient pu être communiqués !

Le modèle est proposé en 13 tailles, hyper inclusif, il est tout de même bon de savoir que la petite taille n’est pas minus non plus ! À prendre en compte aussi lors de votre choix : vous tricoterez un fil worsted en petites aiguilles donc le rendu sera un peu dense, il est donc primordial de prévoir plus bas que haut (pas d’effet drapé possible).

Fil : Heavy Merino, un fil 100% laine mérinos de Knitting for Olive (disponible pour Montréal chez La Maison Tricotée). Je voulais essayer cette marque depuis un moment. Cette qualité est douce tout en ayant un aspect sec. C’est un peu une épreuve pour les mains sèches en hiver, mais ne prenez pas peur, la douceur est incontestable après blocage/bain. Les coloris sont pour la couleur principale Stone Gray 850m/920yds, le début du feuillage en haut Pearl Gray 40m/42yds et enfin la 3e couleur pour la fin fin du feuillage vers le bas Off-White 90m/100yds. C’est un fil onéreux ici en Amérique du Nord, mais ayant pu (enfin) bénéficier de mon rabais fidélité l’occasion était toute trouvée.

Réalisation / modifications : J’ai découvert avec ce modèle que j’ai une fâcheuse tendance à me la jouer loose sur le jacquard. J’ai une telle hantise d’avoir une tension accrue que je pêche par trop de souplesse. Lors du retricotage de toute l’encolure, j’ai donc fait l’inverse de ce qu’on préconise habituellement à savoir augmenter sa taille d’aiguille pour la partie jacquard (de 0.25mm). En effet, j’ai tricoté la partie jacquard en 3,5mm, pour finir le corps en 3,75mm.

Cela peut paraître petit comme taille d’aiguille pour un fil worsted mais le rendu est parfaitement lisse tout en gardant de la souplesse.

Au final, la seule pointe de déception ou de perplexité aura été le choix des couleurs. D’un naturel plus ambitieux de ce côté-là d’ordinaire, j’ai suivi les recommandations autour de moi lors de l’achat et je trouve que l’idée de couleur dégradée ne ressort pas tant (et là tu découvres qu’il y bien un dégradé dans le feuillage, c’est pas fou hein ?). Le rendu total est tout de même très beau et plus passe partout que si j’avais misé sur du moutarde (encore) mais je me régale des versions des autres testeuses, notamment de Rhiana (knitsintheknife) une compatriote CAN, ou encore Lily (wishboneyarn).

Jennifer Steingass est vraiment une designer très douée avec les couleurs et un bon cerveau qui jongle avec les chartes de jacquards pour ses modèles de chandail. En plus d’être une chic fille! Je tricote ses modèles les yeux fermés