Heureuse qui, comme Ulysse, a fait un beau feuillage…

Comme l’année 2020 n’a eu ni queue ni tête (vous avez remarquez vous aussi ?), pourquoi pas vous présenter un projet que n’ai réussi à photographier qu’un an et demi après l’avoir terminé ?

Confinement 1, avec enfants et trouillomêtre au plafond, saison chaude, rentrée et nouveau boulot, confinement 2 le retour, pas de mec sous la main (à force de pas faire rentrer nos kids dans un magasin, on ne faisait que se croiser), des travaux, des travaux et encore quelques petits travaux, puis re-saison chaude, puis jamais la bonne lumière : bref jamais un moment tranquille et adéquat. J’ai donc tout donné de ma acceptation d’un travail baclé du Duc une fin de semaine au chalet où nous avions fait le plein de sommeil (mais où il avait encore visiblement la tremblote,vous vous en contenterez)

La designer tricot Marie-Christine Lévesque est une designer du nord du Québec, autrefois une des deux acolytes du podcast Les bas du Fleuve. Elle a ensuite continué solo avec Un petit bas solitaire et édite des patrons tricots sur Ravelry mais publie également des livres de patrons pour une collection complète de mailles tricotées enrobées de douceur sous le nom de Tricot Design MCL. Elle a proposé ce modèle en test mi-février 2020 et j’ai sauté sur l’occasion, la période était calme (et ce que vous savez arriva !!). La sortie a été chamboulée en mai et il a un peu écopé d’un manque de visibilité, j’espère le remettre devant des yeux attentifs à l’aube de la saison hivernale !

Petit point culture pour nos amis hors Québec, le Bas du Fleuve désigne en fait le Nord du St Laurent, fleuve autoroute prenant son embouchure dans le lac Ontario et se jetant dans l’Océan Atlantique (il a d’ailleurs le plus grand estuaire au monde, ça c’est bon à savoir pour tout le monde en cas de camembert bleu). Le bas du fleuve désigne la région du Bas-Saint-Laurent, au sud de cet estuaire. Le bas, les bas, les chaussettes, le tricot, ça y est vous avez le sourire…

Modèle : Pull Feuillage de Marie-Christine Lévesque. Il est proposé de la taille XS à 5XL c’est pas négligeable comme info, car plutôt rare. Un beau chandail en jacquard en fingering avec manches légèrement bouffantes et col roulé en option (mais je le conseille vraiment !)

Taille : Marie-Christine est un tout petit modèle et je me suis donc dit que la taille S serait à privilégier pour avoir l’aisance requise, comparé à son exemple. Et c’est donc ainsi que j’ai tricoté tout mon chandail… trop grand ! Je ne suis pas une fille que se démonte facilement (ah ah ah Caroline je te vois sourire), j’ai inspiré profondément et consacré une soirée à détricoter mon ouvrage (trime Pénélope) pour le remonter aussi sec en taille XS. Je fais un buste de 32 pouces / 82 cm et même avec de l’aisance positive de 3 cm en théorie, on peut voir sur les photos qu’il est parfaitement coupé ainsi.

À trop vouloir ne pas répéter les erreurs passées avec des chandails trop ajustés, je détricote fréquemment, mais je me soigne.

Fil : c’est plutôt rare chez moi, mais j’ai pris deux fils identiques pour ce jacquard. J’ai un sentiment mitigé avec ce fil Ulysse de DeRerum Natura en coloris Tempête et Potimarron un an et demi après sa réalisation. Autant je lui trouve un attrait considérable pour le jacquard, autant j’aime un peu moins la façon donc il vieillit. Avec ce bleu, je trouve que la couleur blanchit un peu, les petites bouloches lui donnant un aspect passé. Soit dit en passant pour une fille qui détricote, utiliser de la Ulysse, c’est cocasse…. J’ai utilisé respectivement 990m/1100 yards et 70m/80 yards en aiguilles 3,5 mm et 2,75mm (oui c’est fin). Son gros avantage cependant, c’est qu’il est très chaud et bien que d’apparence sèche, je la tolère même sur des bras nus.

J’avais par le passé utilisé de cette marque, la gamme Gilliat pour le pull Mimosa.

Réalisation / modifications : on ne s’épanchera pas sur le tricotage en double, je pense qu’on a compris. Par contre j’ai pu ajouter ma touche un peu plus perso lors de ce détricotage en hésitant pas à aller bien au bout des mesures voire les dépasser un peu. Pour le col roulé notamment ! Comme c’est une construction top down, on commence par le col roulé et c’est difficile à essayer alors ne pas hésiter à allonger ce col roulé pour garantir l’effet retourné suffisant. Le mien fait alors 15 cm de côtes (surtout si vous avez un long cou) car il s’évase légèrement vers l’encolure. Il aurait pu même faire allègrement 3-4 cm de plus.

Ce que j’ai aimé : Le gros avantage de ce chandail, dans ma garde robe déjà bien fournie en laines, c’est d’être un modèle ultra léger en poids mais ultra chaud en efficacité chaleur ! Idéal pour glisser sous ta doudoune en hiver et rester maîtresse de ses mouvements (mode Bibendum rejeté). Il pourrait pousser vers la sortie quelques spécimens délaissés.

Le motif sur le yoke a rythmé la réalisation et j’ai aimé faire un contraste froid-chaud pour ce modèle. Les manches bouffantes resserrées longues sur le poignet sont un attrait certain au modèle. C’est le petit effet gracieux propres aux modèles de la designer.

Ce que j’ai moins aimé : refaire mon chandail au mois d’avril (en 3 semaines il était plié cette fois) pour ne le porter que très peu à ce moment-là ! Le confinement, le rythme ensemble non-stop, peu de cerveau disponible pour rassembler ses idées et encore moins pour faire des photos au calme sans un cri perçant qui te fait craindre le pire…

Je suis une fille plus résistante au froid qu’au chaud (tous les gens qui vivent ici depuis plus de 5 ans le deviennent un peu), alors pendant les semaines de canicule intense, j’ai suivi la litanie des poèmes de ma fille de presque 6 ans (grand corps malade en devenir) qui parlent de neige, de flocons, de gel (à moins que ce doit du Purell dont elle parlait) et je m’imaginais réconfortée dans mon col roulé. Pari tenu, il m’a accompagné en télétravail à la maison avec un jogging mais réussira haut la main la transition vers le bureau avec un jean (oui quand même!)

Maître Renard pour un blondinet

Après la demande express de lui faire un “déziguement” de renard pour Halloween, le petit lutteur blond de 4 ans a précisé qu’il voulait aussi un renard pour son anniversaire. On est donc sur une thématique. L’avantage, c’est que c’est moins cher qu’un Transformers (parce que je peux pas faire de Tranformers au crochet encore), que j’ai pas à courir les magasins pour trouver le-dit objet, et que ça fera pas de marques sur le parquet en pin (détail qui remporte tous les suffrages).

Modèle : Thomas Aguarà Guazù, issu du livre Animal Friends of Pica Pau 2 de Yan(ina) Schenkel

Fil : le fil Grace de Patrons North America, un fil 100% coton mercerisé, qui donne effet un peu lustré. Pour éviter d’avoir un aspect vieilli et râpé trop vite après les multiples combats d’Ultimate auquel il va participer le pauvre. Fiesta, Snow pour respectivement le orange et le blanc; pour le noir j’ai utilisé un reste de Cora de la Maison Tricotée.

Réalisation / modifications : C’est un petit ouvrage que j’ai traîné partout, sur le chemin de l’école, en attendant à l’épicerie, au coin du feu en camping, sur la plage. Les explications sont simples et le montage pas farfelu. En 4 petites soirées, c’était plié !

Ce que j’ai aimé : Un design avec des précisions pour la découpe du pelage sur le museau, les pattes et la queue. Et puis aussi et surtout, voir le petit garçon ouvrir son paquet, écarquiller les yeux en si grand et le serrer fort dans son cou… ça c’était génial.

Ce que j’ai moins aimé : Positionner le museau sur la tête rend le profil du jeune animal assez incertain. Je lui ai rajouté 1 rang ou 2, pour lui donner plus de grosseur. La perfectionniste à l’intérieur de moi s’en fâche (et recommence plusieurs fois) mais le petit garçon à qui il fut offert s’en fiche comme de son premier Ficello, alors….

Quel sera le prochain animal ?

Après Hector, Philip, René, Charles et Satsuki, on embarque sur quoi ? Un corbeau ?

Clovelly match

Le prix des pull-over St James reste une petite fortune, surtout quand tu habites de ce côté-ci de la grande bleue, loin loin de la bonne vieille Bretagne. J’avais en tête un chandail marin que je portais en Terminale au lycée, acheté en friperie (Welta pour les rochelaises de la grande époque), qui avait dû rétrécir lors d’un lavage agressif et piquait un peu mais que j’adorais pour le look rétro marine (de la lycéenne qui se cherche un peu). Il était beige et noir, mais je n’étais pas prête encore à tenter ce coloris cette fois-ci (j’ai toujours des enfants aux babines sales, et un petit stress de voir dégorger les couleurs).

Je voulais en faire un comme cadeau pour le Noël du Duc, j’ai lancé un appel sur les réseaux sociaux à la recherche d’un patron correspondant à ma recherche jusque-là infructueuse. Mon amie Anna m’a glissé à l’oreille qu’elle en préparait justement un, si j’étais patiente, mais pour femme… Qu’à cela ne tienne, je serais pesteuse et stylée avant lui. Et pourquoi pas improviser ensuite…

Modèle : Pull Clovelly d’Anna Dervout, alias Along avec Anna. Il s’agit d’une marinière disponible en 11 tailles se tricotant du haut vers le bas, sans couture, avec une patte de boutonnage sur l’épaule et des manches montées, que l’on peut retrouver dans son nouveau livre Tricoter en couleurs (en précommande, il devrait arriver en septembre 2021).

Taille : Taille 90 (la 2e). Il se tricote avec 5 à 10 cm d’aisance, ce qui veut dire de choisir la taille qui correspond à 5 à 10 cm de plus que votre tour de taille. Bon moins avec mon mini tour de taille, je suis un peu fourrée souvent : 82 cm + 10 = 92 sauf que j’ai quand même un dos ou des épaules rondes (travaux rénos gigot d’agneau chamallow) donc éventuellement j’aurai pu prévoir la taille au dessus avec ce fil non souple.

Fil : Coast en agneau mérinos (55%) et coton (45%) pris à la Maison tricotée à Montréal que j’ai doublé. Il s’agit d’un fil lace (dentelle) oublié ici pour approcher le grosseur de fil requise. Vendu au poids, je n’avais ainsi qu’à prendre le strict nécessaire #abaslesrestes : coloris Jay pour le bleu (230g soit 1610 m [805m final] et coloris Poppy pour le rouge (je n’ai pas calculé mais moins e 50g soit 350m [175m final].

Réalisation / modifications : J’ai suivi le patron en test, en adaptant la longueur du tronc et des manches à ma corpulence. Il faut alors tenir compte du degré d’allongement au blocage. Le mien ne s’est pas DU TOUT étiré, ce qui n’aurait pas été un luxe je trouve. Il restera pour la mi-saison.

Ce que j’ai aimé : la patte de boutonnage est le point central de ce modèle, basique parmi les basiques, identifiable au premier coup d’oeil, icône de mode marine ! Les manches montées donnent une belle allure au tomber du vêtement.

Ce que je n’ai pas aimé : diantre mon choix de fil ! Le chandail est direct à glisser dans les bacs de vêtement de printemps, il n’est pas très chaud (car une part de coton) mais surtout très peu extensible.

L’histoire pourrait s’arrêter là, mais je suis un brin têtue et voir le Duc en marin me tentait encore bien (ahhh la magie de l’uniforme).

Alors que je terminais ensuite le pull Peeta en jacquard et découvrant la Sandnes Garn, j’ai passé commande pour un complément de laine et en ai profité pour choisir le fil nécessaire pour tenter donc le 2ème chandail du Duc en bientôt 17 ans (oui messieurs dames, mais il a perdu beaucoup de bonnets à ma décharge) : le Clovelly version homme, made in Perrinpimpim (c’est pas parfait sans doute mais il est cute pareil).

Pour le Duc, je suis partie de la taille 3 du patron femme. Le Duc court très vite mais n’est pas une armoire à glace (mais il mange pas mal de sorbet tout de même, c’est rageant). J’ai utilisé la Perfect Sandnes Garn en coloris principal bleu 5575 et couleur contrastante blanche 1002, tricotée en 3.75mm et 3.25mm. Au final j’ai utilisé ici 900 m de CP et 315 m de CC. Le chandail est vraiment très chaud, c’est parfait pour la transition vers les vestes plus légères de printemps montréalais frisquet. Pour notre escale gaspésienne, il s’est prêté au jeu des photos mais l’a enlevé bien vite ensuite.

On a pu jouer au jeu du matchy-matchy pendant 15 min, mais cela ne devrait pas se reproduire, tant nos fils sont assez éloignés et confèrent à l’habit un usage lors de saisons différentes. J’ai envoyé cette photo à Anna qui était conquise (par le pull, pas par le Duc). Qui sait ? Il pourrait très bien se décliner pour les barbus (et les autres).

À quelques Miles de la rentrée

Quand le Mojo tricot perd de son intensité, (et quand mon tiroir à chandail est prêt à craquer) je me tourne souvent vers d’autres sources d’occupation pour mes dix doigts. Parfois le crochet (le dernier mouton Ada en date), parfois une terrasse (les supporters d’Instragram se sont régalés) ou un dressing fait-maison, mais aussi parfois la couture !

Une fois n’est pas coutume, j’ai essayé d’avoir un peu d’anticipation sur la saison suivante. Je dois prendre la confiance après un deuxième enfant, j’imagine les tailles quelques mois d’avance, on verra en septembre-octobre si je me suis trouée ou non…

Mon petit dernier (oui oui dernier) rentre à l’école primaire fin août et je voulais pour l’occasion lui offrir un manteau rien qu’à lui (et non le manteau dont il serait le 5e propriétaire, ce qui est cool mais tu me suis…) pour le frais automne.

Modèle : Miles de Fibremood, est un patron de veste avec une fermeture éclair asymétrique, un col aviateur et des poches discrètes pour des milliards de trésors de cour de récré.

Taille : disponible du 2 au 14 ans, j’ai misé sur le 4 ans. Le 14 ans est clairement une taille adulte Small !

Tissus : c’est un modèle que je voulais faire depuis un moment mais qui présente une difficulté majeure pour moi : trouver le tissu adéquat. Les instructions sont prévues uniquement pour un tissu double-face suédine et mouton. Un type de tissu, qui n’est plus disponible chez Ikatee notamment (et en plus je ne suis vraiment pas dans la saison), encore moins de mon côté de l’Atlantique. J’ai fureté un peu sur Etsy (on parle ici de tissu SHERPA) mais c’était un peu risqué de me lancer dans un achat à distance sans aucun aperçu de la qualité de mon achat. J’ai trainé une première fois chez Club tissus. Et c’est seulement au hasard d’un second passage, pour tout autre chose, que j’ai aperçu l’arrivée d’un énorme rouleau de Sherpa synthétique (mais doux) sur une seule face. J’avais d’ores et déjà l’envie d’associer avec un velours côtelé large. J’ai hésité entre le rouille et le vert (mais la plus grande taille du patron est justement ma taille si tu vois toujours où je veux en venir).

Réalisation / modification : si tu as suivi, tu as compris que le modèle est expliqué pour une réalisation avec le tissu suédine et mouton double face ! Quelle chance ! Il a fallu donc que je profite d’un laps de temps de cerveau frais et dispo pour imaginer quelles seraient les modifications à apporter pour convertir en réalisation deux tissus : un principal associé à une doublure. Comme lors des plus grandes victoires télévisées des années 2000, j’ai misé sur l’appel à une amie pour appuyer ma stratégie… L’amie en question n’avait jamais fait de doublure (même joueur joue encore) mais elle a eu le mérite de me répéter de caresser mon velours pour surtout bien découper les pièces dans le même sens du velours. Je n’avais pas eu la moindre idée de faire cela, obsédée que j’étais par cette couture de doublure.

Les différentes étapes de surpiqures du modèle ont donc été pas mal sautées : nul besoin d’arrêter l’effilochage de mon tissu quand je l’associe endroit contre endroit à un autre. J’ai conservé uniquement celle du dos pour le style et des épaules mais c’est assez inutile (et invisible).

Je ne peux vous dévoiler toute la méthode pour ce patron payant mais au moins vous montrer mon plan de découpe (car on coupe plus de pièces avec la réalisation de la doublure en mouton).

Pièce 1 = 1 en velours + 1 en Sherpa * Pièce 2 = 1 en velours + 1 en Sherpa * Pièce 3 = 1 en velours + 1 en Sherpa * Pièce 4 = 1 en velours + 1 en Sherpa * Pièce 5 = 1 en velours + 1 en Sherpa * Pièce 6 = 2 en velours + 2 en Sherpa * Pièce 7 = 1 en velours + 1 en Sherpa * Pièce 8 = 4 en velours uniquement * Pièce 9 = 4 en velours uniquement * Pièce 10 = 2 en velours + 2 en Sherpa.

Attention lors de la découpe des pièces 1-2-3 : il faudra veiller à avoir un endroit en velours et un envers en Sherpa.

On réalise deux vestes quasi identiques : celle en velours a seulement un zip intercalé entre les pièces de devant en plus. Pour la méthode d’assemblage de la doublure, on en trouve de multiples sur le net, je me suis reportée pour ma part vers le pas-à-pas d’Ivanne Soufflet suivi pour la réalisation du manteau Magnésium : du bonbon !

Attention : si vous réalisez une doublure, il faudra ajouter des marges de coutures sur les pièces qui n’en présentaient pas. Le tissu ne s’arrêtera plus à cru, il sera cousu et retourné vers l’intérieur.

La seule difficulté est venue lors de la réalisation des poches. C’est dommage, car c’est l’entame de la réalisation donc ça ne motive pas grandement les troupes, quand on bute sur les premières étapes. Les dessins sont assez obscurs et surtout ils ne semblent pas correspondre pas à notre configuration. Le principe : on coud les faces des poches sur l’endroit des devants, le patron indique de les coudre endroit contre endroit : or quand on percera le devant pour y insérer les faces, la face sur le dessus montrera alors son envers à l’intérieur de la poche. Dans le cas d’un tissu réversible peu de problème. Dans notre cas, il faut donc faire l’inverse et coudre la face de poche du dessus en étape 1 (9e croquis du patron) envers contre l’endroit du corps : ainsi quand elle sera glissée par la fente on aura en contact avec la main la face bouclée du mouton.

Lors de vos modifications : faites confiance à votre instinct, voire faites un essai de montage avec un autre tissu, ça vaut le coup !

Ce que j’ai moins aimé : Au final, l’épreuve de la première poche passée, j’étais pas mal fière et le reste n’a vraiment pas présenté de difficulté. Le manteau est un peu plus mou que je ne l’aurai voulu, le tissu intérieur est très extensible. J’avais compté sur le velours mais un entoilage aurait pu rigidifier un peu plus la veste. Je trouve qu’une note pour aider à la version tissu+doublure serait valable car c’est tout de même ce qu’il est plus facile de trouver.

Ce que j’ai aimé : la sensation du velours à coudre est super. C’est vraiment confortable et me donne des idées pour la suite. Et le style ! Ce modèle a vraiment son petit truc à lui, qui se démarque des autres.

Pour ce modèle, c’est vraiment un coup de coeur pour la coupe mi perfecto mi aviateur, qui sort de l’ordinaire, le zip en diagonale (parce que mon amour des boutonnières à la main n’est pas sans limite), la dégaine que son propriétaire va avoir en étant unique… Depuis, j’essaie de l’arroser pour qu’il gagne les cm en hauteur et en musculature pour être parfaitement adéquat des que la saison nous intimera l’ordre de nous couvrir. Priez pour moi !

Au nom du Pirate

Le petit blondinet de mon coeur (pas le Duc, sa blondeur a pris le bord après ses 12 ans) révèle petit à petit un côté comédien – Les chiens ne font pas des chats – il développe un goût prononcé pour les jeux de rôles, c’est alors tout naturel qu’un costume dans ses délires de jeux de rôles était un cadeau approprié au pied du sapin (oui je sais j’ai mis un peu de temps à repasser la veste du flibustier, la photographier…)

Modèle : le costume de pirate, issu de l’ouvrage d’Annabel Bénilan, Déguise-moi un pirate ! où l’on retrouve 24 modèles pour filles et garçons entre 3 et 8 ans sur deux planches de patrons.

Pour rappel, j’avais déjà pu réaliser le modèle de la robe de la Pompadour pour ma fille aînée. Et comme la première fois, j’ai misé sur une chasse au trésor (on reste ainsi totalement dans le thème) dans mon stock de tissus à la maison.

Tissus : à notre arrivée à Montréal, comprendre sans enfants, nous courrions les vide-ateliers (avant de nous mettre à couper des palettes dans tous les sens) et nous avions visité un entrepôt qui vendait tout le stock d’un costumier/accessoiriste de cinéma, légèrement collectionneur compulsif, pour régler la succession ou éponger les dettes devenues plus hautes que le rayonnage des tissus… C’était une caverne d’Ali Baba dont nous étions partis avec un immense rideau de théâtre en velours rouge . Acheté dans la perspective d’en faire une installation de théâtre d’enfant, il a finalement servi de rideau coupe-froid dans notre entrée de maison rafistolée. Les chutes précieusement gardées, j’ai pu y couper les pièces de cette veste de corsaire endimanché.

Les volants de poignets sont le dernier reste du voilage brodé (ultra déchirable dû à son âge antique), utilisé aussi chez la Marquise, plié dans le sens de la hauteur pour avoir une épaisseur qui se tient et pas de bordure à ourler.

Les seuls achats (au péril de ma vie, dû l’angoisse bactériologique de cette époque) fut pour le biais noir du bas de l’ouvrage, et les attaches Brandebourg dégotées chez mon fidèle mercier Luis (cet homme est un sain).

Taille : j’ai réalisé la taille 3 ans (il est fort comme un buffle mais pas forcément costaud), et je pense pouvoir dire que le modèle taille un peu petit (même constant pour le modèle de robe déjà réalisé). En tout cas plus étroit que lâche. Pour un déguisement, j’aurai pu judicieusement misé sur la taille au dessus et lui permettre de le porter plus longtemps.

Réalisation / modifications : Pas de modifications sur le vêtement, j’ai par contre dû improviser un chapeau à l’arrache. L’achat de la feutrine a été nécessaire et ensuite j’ai dégoté un auto approximatif (quand il n’y a aucune mesure, j’appelle ça un auto approximatif) et je me suis retrouvée avec un couvre-chef extra-large que son père a porté pendant 1 semaine non-stop, jusqu’à ce que je le cache dans le coffre aux déguisements. C’est un petit manque je trouve dans le tutoriel. Autant je n’ai pas cousu le perroquet à accrocher sur l’épaule (j’ai pensé à cette pauvre bête), autant un rapide croquis avec mesures aurait été providentiel.

Il était trop tard pour reprendre tout l’ouvrage (et il m’aurait fallu racheter de la feutrine). Il était tout de même ravi. La joie de ces enfants épuisants, mais pas ingrats fort heureusement. Cela reste néanmoins dans un coin de ma tête.

Le thème Pirate doit être un hit pour cet âge-là, puisque l’une de ses cousines du même âge a eu, sans concertations, le même cadeau d’anniversaire. Un couple de corsaires, qui ne s’est vu qu’à l’époque des purées et des poussées dentaires, et qui semble avoir certaines affinités dans la malice et les désirs de conquête du monde (ou juste des affaires de leurs soeurs).

Ada Lamb Lace

La période blanche de socialisation semble tirer à sa fin. Alors que certains y vont plus vite que d’autres, on reprend les activités en groupe et les contacts doucement ici. La perspective de se retrouver au fond du trou à l’automne calme grandement mes ardeurs d’embrassades et soupers d’amis. Petit à petit, chacun à son rythme.

Les enfants, eux, modèle de résilience ultime pendant ces 16 mois où chacune de leurs attentes étaient un peu étouffées dans l’oeuf suivent les informations religieusement et n’ont pas laissé passer la mesure. Se réunir en extérieur est possible, les anniversaires à base de hot dog, pinàta et ballons à eau prennent un essor certains à chaque week-end.

Les parents ayant pioché depuis l’été dernier (quasiment littéralement), l’idée de gâter ses amis avec des cadeaux confectionnés formulée par l’enfant sociable-à-l’excès, fut fort bien accueillie. Elle est futée, elle a senti qu’on ne pourrait tenir la distance chez Renaud-Bray… Elle a ouvert un premier livre et a énuméré lequel des animaux, son amie pourrait adopter (j’ai fait un tri).

Modèle : Ada the Lamb/la brebis de Yan Schenkel dans son ouvrage Animal Friends of Pica Pau 2.

Fil : Comme souvent pour les amigurumis, je ne compte pas, ni ne pèse et pioche dans un sac de fin de pelotes à la fois en coton ou en laine. Seule le grosseur importe, ne vous ruinez pas à acheter le fil recommandé ou une base de coton spécifique. Avec le crochet, on a tout de suite un champ d’adaptation qui n’existe pas tant lorsque manie les deux aiguilles (tricot).

Réalisation / modifications : Dans l’ordre d’arrivée du tiercé, on commence par la tête, suivi du corps, ses quatres pattes montées directement et assemblées au tout par le ventre. Dans un second temps, on ajoutera les oreilles, la queue et l’accessoire ultime la cape avec col volanté.

SPOILER : qu’il est important de lire ! Le livre comporte une erreur... ou plutôt un oubli. En effet, on monte le dos du bovidé avec les augmentations nécessaires pour lui créer un volume et … on enchaîne directement sur l’ajout des jambes. Il manque toute la partie droite sans augmentation, ni diminution pour créer toute la hauteur du ventre avant de former les pattes.

J’ai eu, tout d’abord, de la difficulté à fermer le pauvre animal lors du premier essai. Puis j’ai cru à un oubli de ma part, j’ai lui, puis relu, puis j’ai regardé les autres exemplaires crochetés sur Ravelry. Et certains sont en effet tombés dans le panneau sans se poser de question. Il est ainsi tout fluet, pas de quoi régalé lors d’un méchoui…

L’info basique de crocheter tout droit 10 rangs (je dirais) a été omise. A-t-elle été rectifiée lors d’éditions suivantes du livre? Je l’ignore ! Aucun errata n’est présent sur Ravelry… Soyez donc vigilants!

Ce que j’aimé : lui créer une veste à la Stephen West avec tous les restes de mes précédents ouvrages. Il y a ainsi un Maile Sweater, un Garter Stitch Kimono Baby Cardigan, un Lightwood, des Lil’Kimono, et j’en passe… Une réelle Memory blanket.

Ok il y aussi le sourire et la fierté de l’enfant de 6 ans en offrant son cadeau… Profite Perrin, ça changera.

Ce que j’ai moins aimé : le design n’est pas le plus intéressant à monter, même si la cape a donné un peu de goût d’inédit. À vrai dire, ce n’est pas un modèle sur lequel je me serais portée en premier lieu, mais ce que l’enfant veut… si tant est qu’elle le formule gentiment.

Aussi je trouve que l’explication des techniques n’est pas parfaitement complète, j’ai dû me référer à plusieurs reprises à des tutoriels du web…

PS : j’espère que vous avez au moins l’hommage en titre…

Andrea, t’es qui là (là) ?

Depuis plus d’un an, et même s’il y a eu une certaine détente durant l’été, le Québec applique une prévention restrictive : il est interdit de se rassembler dans les espaces privés. Traduction pour les gens dotés d’oeillères, on ne voit plus nos amis, on se protège les uns les autres… et par extension on s’envoie des bêtises par message régulièrement pour ne pas commencer à jouer à la Pat Patrouille avec nos enfants colocataires.

Alors quand ton amie, et quasiment voisine (la Fitbit indique 150 pas porte-à-porte), prend de l’âge, il y a pas mal de choix de présents qui ne s’offrent plus à toi. La journée spa, le weekend en chalet, le verre jusqu’à pas d’heure en étant pas trop mal habillée, la lancer de hache et encore plus réaliste le souper entre amis au resto (il va falloir re-expliquer aux enfants ce concept de socialisation qui terrorise tout parent) ou tout simplement chez soi : tu oublies… Et tu ruses ! Pour ne pas faire les magasins sans but, pour lui faire plaisir en mou, THE vêtement de 2020-2021, et pour le personnaliser au plus.

Modèle : Sweat Andrea de Petit Patron est un modèle pour femme, homme et enfant ! Un basique, mixte, inclusif, qui permet pas mal de combinaison. Unicolore, ou bi, ou encore tricolore, patriotique, passe-partout ou comme ici avec une petite private joke dont seules les amies ont le secret et assument!

Taille : c’est là la difficulté quand tu couds pour autrui et de surcroît en cachette! J’avais donc missionné le conjoint pour me confier l’espace d’un après-midi un chandail sur lequel me baser. (le pauvre est nul en mensonge et en prétextant sortir faire une balade pour me donner un pull modèle, il a envoyé en premier le texto à… moi! trop de stress ahah!). C’est toujours approximatif et je voyais un résultat plus ample, mais au final c’est une coupe qui lui va très bien. J’ai réalisé la taille 40. Je pense que la coupe taille plus étroit que large, méfiez-vous et préférez toujours la taille au-dessus de la vôtre. Pour moi, je choisirais sans doute le 38, voire 40 (la pandémie n’explique pas tout, je vous vois venir)

Tissus : bien sûr et c’est un impératif avant de coudre le sweat, plus que tout autre tissu coton, il faut laver vos tissus. Le sweat, ratine, polaire, comme vous voulez, a un gros potentiel de rétrécissement. Il est donc important d’en acheter un peu plus que prévu, et de le laver. Je l’ai même passé légèrement au sèche-linge, sachant que la propriétaire le ferait surement. Mais tout doux.

J’ai donc choisi chez Club Tissus, 3 coupons de sweat de la même qualité, pas trop fin, pour avoir un peu de tenue, et avec le plus de coton possible, pour éviter l’effet transpirant de ce type de vêtement s’il est trop en polyester. Le choix des couleurs a aussi guidé mon achat. C’est donc un sweat de supporter de Springboks d’Afrique du Sud (amis de l’ovalie bonjour) qui s’est imposé.

Réalisation / modification : C’est un modèle très simple à réaliser, encore plus avec une surjeteuse (plus confortable je dirais) mais il se réalise très facilement avec une machine classique. J’avais déjà réalisé un modèle enfant et ai donc pris garde à bien couper les morceaux* selon les bonnes couleurs = c’est la seule difficulté du patron. (*Il m’a semblé dans la version enfant, que les inscriptions sur le patron imprimé comportait une coquille en ce sens (numérotation nom), mais je dois vérifier à nouveau)

Pour les poignets, la bande d’encolure et le bas du chandail, alors qu’il y a deux options : tissu identique ou en bord-côte. J’étais partie sur le second jusqu’à parcourir les exemples sur Instagram (un précieux allié pour faire tes choix), je n’en ai vu aucune version ! Le temps m’était compté, mon budget aussi, je suis allée avec le tissu d’origine que j’avais donc sous la main. La garantie de la continuité couleur pour une version tricolore est finalement gagnante mais le bord-côte reste dans un coin de ma tête pour une version unie histoire de donner un peu de peps et relever le tout.

Ma seule modification ou ajout : la broderie ! Pour l’inscription, j’ai choisi un fil DMC coloris 783, en sélectionnant 3 brins seulement pour un point de chaînette, appris pour l’occasion. Je ne suis exercée sur une chute et ai tracé ma calligraphie en mouillant légèrement un crayon de couleur blanc (ils ne servent qu’à cela, on est d’accord). Un tambour de bois pour bien tenir tendu le tissu, les marques de pression n’effacent sans problème avec le crayon lors du lavage final.

Pour le message, il est né d’une recherche scientifique auprès de 1500 individus… ah bah non pandémie ma grande, deux personnes disant des bêtises ensemble auront suffit. Team Gin To, C’est l’histoire d’un pingouin, #ginto, C’est par où la forêt, Je peux pas je prends un bain, Vis ma vie de DRH, ont été jetés sur la table… mais un bon jeu de mots a suffit. J’aurais voulu mettre une touche encore plus québécoise en ajoutant un second LÀ mais la place m’a manqué et l’objectif était aussi de ne pas forcément être lu lors d’une Visio Zoom, si cela n’était pas assumé en société.

Au final, il a été déposé sur le pas de la porte de la nouvelle trentenaire (deuxième cadeau ne me remercie pas) et aussitôt enfilé. Il lui a plu ! (et il lui va!). L’an prochain, c’est sûr elle me fait à dîner, on y croit!

Il me reste des chutes et je vois une version pour mon petit garçon. Rêvons un peu, la situation aura une fin et ils pourront peut-être tous les deux se faire un grand câlin en se croisant attifés de la même manière. Je ne sais lequel des deux auraient la plus grande fierté (indice la grande).

Satsuki Cat ou l’adoption du chat crocheté

Viendra le temps où elle espèrera être récompensée de sa bonne conduite par de la monnaie sonnante et trébuchante. Thanks God nous n’en sommes pas encore là (on a des fondations à payer en attendant). L’envie de mon écolière était, depuis Noël quelques semaines, ce petit chat au crochet.

Depuis quelques temps, des jours, des semaines, des mois, une année, on est devenu une véritable team, un quatuor qui fonctionne plutôt bien grâce en partie aux efforts de cette petite de 6 ans pour gérer ses frustrations, faire taire ses envies d’avoir ses amis en visite, de voyager pour voir ses grands-parents, et s’occuper si bien de son petit frère (avec parfois des injonctions hurlantes, ça échappe même aux grands) pour aider ses pauvres parents qui jonglent entre boulot, travaux, angoisses bactériologiques et recettes de collation healthy. Profitant d’une respiration dans le quotidien (et de la fin de quelques chandails), je me suis exécutée… (elle nous a presque eu à l’usure pour adopter un chat mais les associations québécoises contactées ont toutes rechigné à nous confier un animal… parce qu’on avait des enfants ! oui, oui… celui-ci n’a pas à se plaindre de sévices je vous assure)

Modèle : Satsuki Cat de Yanina Schenkel, alias Pica Pau, issu de son deuxième ouvrage Animal Friends of Pica Pau 2.

Fils : j’ai pioché dans mon sac de chutes de coton, mais j’ai aussi associé des fins de pelotes de mérinos à du lace coton pour avoir l’effet lisse. Je n’ai rien pesé (certaines de mes copines ne me reconnaitraient pas, je vous rassure tout va bien !), et j’ai monté au fur et à mesure les éléments. Ne pas hésiter à doubler les fils de coton trop fins : la densité du rendu améliore la tenue du petit animal. Le tout est crocheté en 3mm.

Réalisation / modifications : J’avais déjà pu réaliser ces petits amigurumi avec plaisir pour leur côté original et varié. Je savais donc aussi les défis qui m’attendaient. Le principal était parfois une approximation dans l’alignement des mailles pour les changements de couleur. Vous trouverez Hector le rhino, Philip le Homard, René le caïman et Charles le Picbois. Après avoir posé mon cerveau rigide de côté, j’ai pu à l’oeil essayé de contrer les décalages de mailles ou en tout cas que cela ne se voit pas trop. La robe fait bien le job justement.

Ce que j’ai aimé : La construction, pour une fois, ne présente pas trop de couture. La tête est du même tenant que le corps jusqu’au bout des pattes. Le positionnement des pièces est facile. J’aime aussi le côté assez non genré de l’animal. Ici il porte une jupe mais on pourrait bien lui donner un chandail totalement mixte.

Ce que j’ai moins aimé : la réalisation du noeud a été totalement freestyle. Le nombre impaire du cercle me laisse encore perplexe. Qui dit nombre impair alors qu’on alterne deux types de rang augure qu’on doive faire deux mailles identiques de suite… J’ai comme eu une bulle au cerveau. Si tu te lances et que tu penses que la dernière pièce est du gâteau, pars sur 34 mailles

Elle a patienté quelques soirs que je finisse l’ensemble de cet amigurumi (j’ai cogné des clous bien des soirs comme on dit ici au Québec), en m’encourageant et j’ai été largement récompensé lorsqu’elle a joué une journée entière avec, pendant mon télé-travail.

Note pour l’avenir : juste prévoir les boules Quiès pour ne pas subir les miaulements du chat en continu 🙂

= Rendez-vous par 20 sous zéro =

Depuis notre expatriation vers le pays des grands froids (pour nous pauvres français), le fait d’optimiser les vêtements pour ne pas geler dehors est devenu un leitmotiv voire une religion. Quand tu tricotes, tu as alors un coup d’avance pour choisir les matières qui sont légères et efficaces en chaleur.

Les chercheurs s’écharpent toujours pour savoir si le mythe de la déperdition de chaleur par la tête est réelle ou non. Quoiqu’il en soit lorsque l’on voit un chauve (ou juste découvert) en plein air l’hiver, on constate bien que la chaleur s’échappe (et par nos températures c’est visible ça fume !), on comprend alors l’importance du couvre-chef. Depuis des années, je multiplie pour les enfants le sacro-saint modèle Quynn (bien une quinzaine à mon actif) et il est toujours aussi efficace, reste bien en place. Il est donc difficile de me convenir avec un autre modèle pour les enfants.

Maude m’a alors proposé de tester son dernier modèle, j’ai su qu’il fallait qu’il ait un truc en plus. Et il l’a ! la Cha-leur ! L’avantage de tester un modèle d’un compatriote c’est que les contraintes météo sont parfaitement intégrées !

Modèle : 20 sous zéro de Maude L. Baril est un modèle de bonnet/tuque, disponible en 6 tailles de bébé à adulte. Il possède une option avec oreilles et ses galons à attacher dans le cou, et même pompons. Sa spécificité est qu’il est doublé et donc double épaisseur veut bien dire idéal pour les grands grands froids.

Taille : J’ai réalisé la taille Enfant mais je pense que j’aurai pu opter pour Adulte-Petit. La double épaisseur du bonnet à tendance à resserrer et le faire remonter, quand on ne serre pas les galons.

Fil : J’avais un fil bouclette phildar auquel je cherchais un projet (après un antique détricotage) mais il s’est révélé vraiment trop gros (et une horreur à travailler). J’ai finalement opté pour un fil rustique que j’ai doublé pour obtenir le bon échantillon et un fil mèche doux. Tout est tricoté en aiguille 4.5mm

Extérieur : Regal de Briggs & Little en coloris Heather Grey, tricoté en double. J’avais pu réaliser des mitaines auparavant et il me restait un petit peloton. La laine était si rustique qu’elle se prêtait très bien pour l’extérieur d’une tuque (surtout tricotée en double, et donc dense). J’ai utilisé les 170m/185yds qu’il me restait. Il vous faudra donc 85m/95yds de fil.

Intérieur : Classic Wool Roving de Patons North America. Une amie m’avait donné cette pelote orpheline, qu’elle avait acheté pour faire du punch needle. Sa douceur était parfaite pour mon usage. J’ai utilisé 95m/105 yds. Il y a un peu plus de fil même si c’est l’intérieur, car c’est ce fil qui est utilisé pour les oreilles et cordons.

Réalisation / modifications : Pour un enfant je recommande bien évidemment les oreilles. Si tu veux rester plus de 15 minutes dehors sans avoir des plaintes, suis mon avis.

Pour un bon rendu sur la taille, il est important de réaliser l’échantillon. En effet, les deux faces du bonnet sont dans une laine différente, de grosseur différente. L’exterieur sera dense mais un poil plus large que l’intérieur pour ne pas laisser passer les frimas. L’intérieur est à choisir en fil doux !

Ma principale modification est l’ajustement du placement des oreilles. Et ça c’est assez propre à chacun. Après quelques essais infructueux (mais le patron final a été modifié depuis pour vous guider !), j’ai placé les miennes à 4 mailles du marqueur de début de rang placé à l’arrière (nuque). Je n’ai pas réalisé de pompons pour être capable de mettre la capuche/capuchon du manteau ou un casque.

Ce que j’ai aimé : j’aime le rendu dense de la laine qui le rend parfaitement imperméable à la neige. Nul besoin de le fermer il couvre bien les oreilles. Il a été tout de suite adopté par l’enfant lui-même (si c’est pas le meilleur des arguments ça) car chaud et jamais mouillé à l’intérieur.

La structure intérieure de la tuque est très ingénieuse et c’est confortable !

Ce que j’ai moins aimé : j’aurais dû anticiper la taille et le fait qu’il remonte avec les cheveux longs de ma fille (ne parlons pas de la possibilité de faire une couette), je suis donc souvent à lui tirer un grand coup vers le bas pour couvrir bien la nuque. La tuque est aussi bien moelleuse et épaisse et ne passe pas sous le casque de vélo/patin malheureusement ! Il faut y penser (ou alors aimer le look casque Kipa)

Ce modèle a donc trouvé sa place dans mon palmarès des meilleures tuques pour affronter l’hiver. Elle a son utilité propre pour ne pas détrôner le Quynn mais est un essentiel pour les journées si froides que nous avons eu. Elle est aussi parfaite pour amortir les chutes sur la glace ! J’attends que l’enfant plus jeune se décide sur une couleur pour lui faire le sien (pour l’hiver prochain).

Chilly Podsters, les mitaines du chasseur

Il y a des petits projets qui sont très réconfortants. Celui-ci est de ceux là, car il a réussi à matérialiser un lien rendu impossible autrement qu’en visio depuis le début de la pandémie. Être expatrié, c’est grandir en vivant des expériences dingues, sans avoir le back-up de la famille à ses côtés. J’étais de celle, indépendante, qui en avait envie, qui a toujours assumé ce choix, mais trois ans sans avoir mis le pied dans un Carrefour, ça commence à peser (et là ma famille lève les yeux au ciel, rhhhoo je déconne)…

Depuis la pandémie, et quand on observe l’Europe et ses mesures, on a de plus en plus un pincement au coeur. On est témoins des libertés que les gens s’accordent (vas-y qu’on se fait un selfie à un lancement presse… ces choses ont disparu ici). Depuis les frontières nous sont interdites et les risques sont encore et toujours grands. (J’avais écrit un long paragraphe sur ces instagrameuses qui font fi des risques pour un lancement entre copines, qui sont malades et après nous revendent, la bouche en coeur, la Cricut, mais je vous l’épargne…)

Aussi quand mon père m’a demandé une paire de mitaines pour aller à la chasse, j’ai bondi sur le mot mitaines en occultant le mot chasse. C’était le moyen de créer un contact entre nous, on se jette sur ce qu’on a.

La commande était simple : avoir chaud, et avoir l’index libre pour glisser dans la gâchette (brrr).

Modèle : les mitaines (ou gants sans doigts) Chilly Podsters de Glenna Knits. C’est un patron gratuit, en anglais, qui propose deux tailles S et L.

Fil : il a bien tenté de me passer la commande du orange fluo pour pas se prendre de la chevrotine dans la forêt (gare au chasseur aviné maladroit) mais je n’avais que de l’acrylique et on perdait complètement l’effet chaleur. J’ai opté pour un fil pure laine gris Classic Wool Worsted de chez Patons North America. C’est un fil économique, pure laine, très chaud qui donnera une étanchéité aux mitaines (c’est pratique dans le Sud-Ouest humide).

Le modèle recommande un fil worsted et on tricote en 3.25 mm. Mon rendu était assez dense, le blocage a assoupli un peu l’ouvrage final. Impossible d’avoir froid avec.

Réalisation / modifications : J’ai réalisé la taille L et mon père m’a pourtant dit qu’elles étaient un peu larges à la base de la palme de la main. Le dernier projet tricoté pour lui a fini au sèche-linge, sait-on jamais !

Les mitaines se tricotent du poignet jusqu’aux doigts. Chaque bout de doigt se tricote individuellement avec des aiguilles doubles pointes idéalement. On laissera une ligne de vie colorée (là ok j’ai mis orange !) pour reprendre des mailles de créer le capuchon qui recouvrent les doigts (quand ils ne tuent pas les moineaux).

Ma seule modification fut de ne pas faire un pouce découvrable/ouvert avec capuchon. Ça me semblait inutile. Le patron prévoit cette option également.

Ce que j’ai aimé : c’est un projet très rapide et peu gourmand en laine. Seulement 1 pelote de 195m/210 yds de fil worsted. On peut même imaginer faire le capuchon en laine constatante et finir les fonds de panier à laines.

Ce que j’ai moins aimé : faire les doigts était un peu barbants.

En définitive, elles ont été envoyées par delà l’Atlantique. Pas besoin de vaccins pour les cadeaux. Et ont été adoptées rapidement. Le crash test a couté la vie des deux beaux sangliers qui ravageaient les cultures agricoles (je vous épargne les clichés reçues au petit matin québécois). Si au moins je revoyais un jour la couleur d’un pâté ! (pensez-y égoïstes influenceuses qui font des selfies collées collées !).

Si l’aventure des mitaines vous tente , j’avais fait il y a quelques années des Warmest Mittens pour le Duc (article le plus consulté, le Duc bombe le torse), des mitaines cadeaux pour les éducatrices How Cold is it? Mittens et dernièrement les Hanne et enfin pour moi des Norwegian Mittens for mimi. L’embarras du choix !